Conclusion

Conclusion

Laissez-vous porter par la voix de Josée.
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Parce qu’il fallait que ça existe… et qu’il faut que ça demeure

Un jour, lors d’une escale en Allemagne, je me suis retrouvée perdue face à un agent à l’allure sévère. Il ne parlait ni français ni anglais, et moi, pas un mot d’allemand. Pourtant, il a posé sa main sur mon épaule, a respiré profondément et j’ai respiré à mon tour. Sans mots, il avait compris ma détresse. Par ses gestes et son calme, il m’a aidée à trouver mon chemin. Dans l’avion, j’ai réalisé à quel point cette rencontre ressemblait à ce que j’ai toujours voulu de Deuil-Jeunesse. Si on ne se sent pas compris, les gestes et les émotions prennent toute la place. Si la personne à qui l’on demande de l’aide n’ouvre pas son cœur, on reste perdu. Il n’est pas nécessaire de parler la même langue ni d’avoir vécu la même chose : il faut juste être capable de recevoir ce que l’autre exprime… et d’y répondre avec humanité.

J’ai bâti Deuil-Jeunesse animée par la volonté constante d’insuffler du positif aux personnes en souffrance, aux professionnels et à mon équipe. J’ai voulu être une leader visionnaire et porteuse de sens. Je n’ai jamais “essayé”; j’ai choisi de faire ou de ne pas faire. Et ce que j’ai fait, au fond, c’est reconnaître les souffrances et les histoires, que d’autres rejetaient, en leur bâtissant un lieu immuable. Rien de plus… 

J’y ai mis beaucoup de temps. J’ai même laissé s’évaporer mon propre tissu social pour que Deuil-Jeunesse devienne ce qu’il est aujourd’hui. Écrire, être disponible, faire grandir un organisme, c’est exigeant. Il ne faut pas oublier que tout ça a été vécu à travers mes enjeux personnels, qu’on a tous au fil de notre parcours. Il m’arrive encore de ressentir un profond sentiment de solitude, au point de ne plus trop savoir qui je suis quand je ne suis pas Deuil-Jeunesse. Être fondatrice, pour moi, c’est accepter d’embrasser le beau comme le difficile, la lumière comme l’ombre. C’est porter à bout de bras, de cœur et d’âme une cause qui dépasse de loin ma propre personne. C’est tout donner : temps, énergie, santé, larmes, fatigue… et parfois même mes rêves. C’est aussi porter les critiques, les doutes, les épreuves. Je sais que ça valait et que ça en vaut toujours la peine. Inspirer les autres, pour moi, n’a jamais été un objectif : c’est la conséquence naturelle d’avoir osé vivre et agir selon ma raison d’être.

Deuil-Jeunesse n’a pas seulement changé des vies, il a changé la mienne. Il m’a appris que la vie peut devenir une tempête à tout moment, alors j’ai choisi de ne pas vivre toute ma vie sous un parapluie “au cas où”. J’ai choisi de foncer. Si je n’ai jamais abandonné, c’est parce que j’ai vu, entendu et ressenti les retombées : quelqu’un qui me dit que j’ai changé ou même sauvé sa vie, un intervenant bouleversé en me rencontrant car 6 ans auparavant j’ai changé sa vie professionnelle, mon livre que je surprends dans les mains d’un lecteur dans le métro. J’ai été surprise, touchée, émue mille fois en entendant mes mots ou en voyant nos outils voyager. 

Chaque jour, nous recevons des témoignages empreints de reconnaissance. Entendre des phrases comme « MERCI D’EXISTER » ramène à l’essentiel. Les jeunes, les familles, les partenaires parlent de bienfaits à travers des lettres, des mots, des sourires. Voir aujourd’hui à quel point Deuil-Jeunesse transforme des vies m’aide à ne rien regretter.

Voici ce qu’a à dire ma fille, qui a grandi avec cet organisme et qui a dû composer avec lui, que ça lui plaise ou non :

Maman, j’ai vu de près tout le travail que tu as mis. Même quand c’était pas facile, tu as tout donné, ton cœur, ton énergie, tout. Te voir croire autant en Deuil-Jeunesse et vouloir vraiment changer des vies, ça m’inspire. Tu ne fais pas juste “travailler”, tu fais une différence : un geste, un mot, une écoute à la fois. Les impacts positifs, je les vois, même en coulisses. Ça me montre que ça vaut la peine de s’investir dans ce qui nous passionne. Tu es un modèle pour moi. Je suis fière d’être ta fille.

Camille, 17 ans

Deuil-Jeunesse, c’est mon legs. Ce n’est pas une idée ni une simple structure : c’est un souffle, un mouvement, une empreinte dans la vie des gens. C’est la preuve vivante que lorsqu’on ose tendre la main vers ceux qui souffrent, le monde change, ne serait-ce que pour une personne à la fois.

À tout jamais, Deuil-Jeunesse sera gravé dans mon cœur. Le jour où je devrai m’en éloigner, quand mes mains ne pourront plus bâtir, je sais qu’il continuera à rayonner. Parce qu’il est devenu bien plus grand que moi. Parce qu’il vit dans chaque intervenant, chaque bénévole, chaque personne touchée. Tant qu’il y aura des histoires à écouter, des larmes d’amour à accueillir et des vies à apaiser, mon plus grand souhait est que Deuil-Jeunesse soit là.

Deuil-Jeunesse a été ma mission. Je ne regrette rien. Deuil-Jeunesse a été bâti avec le cœur, parce qu’il fallait que ça existe. Il fallait que je le fasse. Et maintenant, parce qu’il faut que ça demeure.

Message de Victoria

Écouter Victoria vous raconter.
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Deuil-Jeunesse. Je pourrais en écrire un roman. Mais aujourd’hui, je choisis de parler avec le cœur. Je m’appelle Victoria. J’ai 18 ans maintenant, mais mon histoire avec Deuil-Jeunesse a commencé bien plus tôt… à l’âge de 5 ans. Oui, 5 ans. Bien trop jeune pour vivre l’indicible : la perte brutale de mes deux grandes sœurs et de ma grand-mère, victimes d’un meurtre. Comment expliquer ce que ça fait, à cet âge, d’être projetée dans un monde de silence et de questions trop grandes pour soi? J’étais une petite fille perdue, désarmée, avec des interrogations que même les adultes autour de moi n’osaient affronter. Mais là-bas, j’ai trouvé bien plus qu’un organisme. J’ai trouvé des regards qui comprennent sans juger, des mots qui apaisent sans effacer, et surtout, un espace où la douleur avait le droit d’exister.

Si je devais vous décrire l’image que j’ai de Deuil-Jeunesse, ce serait celle d’un refuge doux et lumineux au cœur de la tempête. Et pour vous en parler, je commencerais par Josée. Josée a été mon intervenante dès le décès de mes sœurs. Elle nous a accueillis, moi et ma famille, dans un bureau où tout était permis : les larmes, la colère, les sourires, les silences, les questions… tout avait sa place. Je me souviens à quel point j’avais hâte d’y retourner. Ses paroles m’apportaient un réconfort immense, comme un baume sur une douleur que personne ne savait nommer. Elle m’a permis de m’exprimer, d’accueillir mes émotions, et surtout, jamais je ne me suis sentie exclue ou différente. C’est ça, Deuil-Jeunesse. Quand tu crois que plus jamais tu ne retrouveras un semblant de normalité, quand tu te sens étranger au regard des autres, tu découvres ici une famille où le deuil est reconnu, respecté, et doucement adouci. Tu redeviens une personne entière, avec ton histoire, ta douleur, et ta lumière.

Aujourd’hui, je continue de fréquenter Deuil-Jeunesse, mais d’une manière bien différente. Mon histoire a grandi, et elle s’est tissée avec celle de cet organisme qui m’a tendu la main quand tout semblait s’effondrer. Je poursuis mon chemin avec le désir sincère d’aider Deuil-Jeunesse à poursuivre sa mission : accompagner, soutenir, réconforter ceux qui traversent ce deuil dont on parle si peu, mais qui marque si profondément. Et je sais que si un jour je trébuche à nouveau, ils seront là. Encore et toujours. Fidèles, bienveillants, présents. J’aime cette équipe. Je la vois comme une grande famille, une maison chaleureuse où je serai toujours accueillie, et où chaque jour, de nouveaux enfants et adultes endeuillés trouvent à leur tour un peu de lumière dans l’obscurité. Du fond du cœur, avec une immense gratitude et beaucoup d’amour : Merci, Deuil-Jeunesse.

Victoria, septembre 2025